Lettre ouverte au commissaire des Ligues majeures

 

Bonjour M. Manfred,

Mon nom est Patrick Beauséjour. J’ai 48 ans, je suis papa deux fois, ancien mauvais lanceur de «fastball» et ancien coach avec les Orioles de St-Jérôme sous la tutelle de l’ancien commissaire de notre organisation Patrick Cloutier! J’ai joué aussi des milliers de games de baseball au Laurentian High School dans le petit Canada, des milliers de games de balle au mur et aussi au mythique parc Richelieu sur la rue Philipp Devey, lanceur élu Hall of Fame de l’université de la Louisiane, ancien choix de 5e ronde des Dodgers de Los Angeles et ancien membre de l’équipe canadienne aux jeux olympiques de 2004!

Encore une fois votre organisation a fendu mon cœur d’amateur de baseball en deux la semaine passée! Encore une fois.

Comme des milliers de partisans, j’ai grandi à l’ombre du pire stade de baseball de l’histoire le Big O. J’ai vu de mes yeux vu Andre «The Hawk» Dawson se défaire les genoux sur le gazon synthétique. J’ai vu Tim «Rock» Raines se battre avec lui-même et la cocaïne. J’ai vu le numéro 8 Gary «Kid» Carter redéfinir le métier de receveur et la beauté. J’ai vu Tim Wallach être plus régulier qu’un métronome jour après jour. J’ai vu de mes yeux vu le numéro 45 Steve Rogers lancer une balle de trop à Rick «Blue» Monday. J’ai vu Dennis Martinez «El President», «El Perfecto» lancé un match parfait. J’ai vu de mes yeux vu Marquis Grissom attraper la dernière balle de ce match. J’ai lancé des barres de chocolat Oh Henry sur le terrain du Big O à chaque fois que Henry Rodriguez frappait un circuit. J’ai vu de mes yeux vu la dernière présence au bâton de Gary «Kid» Carter à Montréal, sa dernière présence dans le baseball majeur, un double par-dessus la tête d’Andre «Hawk» Dawson!

J’ai vu de mes yeux vu Denis Boucher dans un Stade olympique rempli au bouchon. J’ai vu le grand Derek Aucoin travailler comme un acharné pour se rendre jusque dans l’uniforme des Expos. J’ai écouté des milliers d’heures, via mon radio transistor, Jacques Doucet redéfinir le baseball à sa façon. J’ai écouté Rodger Brulotte se fendre en deux, Cordero Cordero Cordero… Bonsoir elle est partie!

En 1994 j’avais 20 ans quand mes Expos, mes amours étaient les meilleurs au monde. J’avais 20 ans quand mes Expos, mes amours tenaient le baseball majeur dans le creux de leurs mains. J’avais 20 ans quand mes Expos, mes amours faisaient trembler de peur les Yankees du bonhomme Steinbreiner. J’avais 20 ans quand les Bombardiers du Bronx faisaient des petits cacas nerveux en pensant à mes Expos, mes amours. J’avais 20 ans quand la grève de 94 nous a volé notre Série mondiale, notre futur stade. J’avais 20 ans, les Expos, mes amours sont morts.

J’ai perdu le cœur de mes Expos mes amours en 1995-96, Larry Walker, Wilfredo Cordero, Ken Hill, Pedro Martinez et John Wettland.

J’ai vu arriver Loria et Samson. J’ai vu Brochu donner mes Expos, mes amours.

Le cancer généralisé aura duré jusqu’en 2004. Mes Expos, mes amours sont morts d’une longue maladie. Trop longtemps sur le respirateur artificiel. On ne voulait juste pas les laisser partir comme un frère, comme un vieux chum, comme si une partie de nous partait aussi. Mes beaux souvenirs, ma nostalgie, mes Expos, mes amours.

C’est comme si tu es venu pisser sur la tombe de mes Expos, mes amours la semaine passée.

J’ai encore en tête le dernier match au Stade. J’ai encore dans les oreilles la voix cassée de la voix des Expos, Jacques Doucet. J’ai encore l’image du numéro 16 Claude Raymond à la fin du match qui bat le sol du monticule avec ses pieds.

Mes Expos, mes amours sont morts depuis longtemps, j’ai cru au miracle M. Manfred!

Les Expos sont morts. Vive les Expos!

 


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