Fausse balle et sourire

 

L’été 2016 fut une saison mémorable comme toutes les saisons que j’ai eues à coacher! Chaque saison amène son lot de surprises et de déceptions. Cette année-là, le chaos faisait partie de mon équipe.

Nous aurions dû nous appeler Apocalypse au lieu des Orioles! Nous étions loin de la machine des Orioles de Baltimore des années 70 avec leurs  quatre partants de 20 victoires, Cuellar, Dobson, McNally et le jeune Jim Palmer, un futur Hall of fame!

Nous étions les Orioles B2 dans la catégorie Atome pour le meilleur et surtout, pour le pire! J’ai eu tellement de plaisir avec cette bande de joyeux lurons. J’ai souvenir de notre premier match dans lequel nous n’avions pas perdu. Après 11 défaites de suite, nous étions 0-11 et on affrontait la meilleure équipe au classement. Les non moins détestables Blue Jays de St-Sophie, de l'ineffable Hugo Desjardins! 

Aucune victoire et onze défaites pour partir une saison, c’est plate pour tout le monde. Les jeunes, les parents et les coachs. Personne n'aime ça perdre de cette façon même si la participation est importante! Ce n’est pas une annonce du gouvernement ni un communiqué de Baseball Québec en début de saison, c'est la dure réalité d’un mauvais club de balle qui le vie jour après jour sur le terrain!

Je me suis remis en question mille fois. J’ai refait mon line-up de haut en bas, de bas en haut! J’ai tout essayé en pratique, c'était le bout de la marde! Si cette année-là nous avions obtenu des points pour jouer dans le sable, je crois sincèrement que nous aurions gagné le tournoi provincial! 

Cet après-midi-là, je crois que j’ai fait ma meilleure allocution à vie; courte et concise. Ma gang de monstres était tannée de perdre, moi aussi et surtout les parents. J’étais seul à coacher ce jour-là. Mes assistants étaient en vacances. 

Voici en gros mon discours d’avant-match trop émotif pour un juillet d’été trop chaud avec des petits et petites Atome!

Barbu Coach: “Aujourd’hui je suis seul pour coacher,  j'ai besoin que vous soyez concentré. Je vais vous le dire gang, tout le monde pense qu'on va perdre aujourd’hui, sauf moi!” 

C’était le silence complet. Nous nous sommes pris épaule à épaule, nous étions collé l'un sur l'autre comme des sardines."

Barbu coach: “On n’est pas talentueux, on n’est pas bon, mais une chose qu’on ne pourra jamais vous enlever, c’est que vous ne lâchez jamais! Même quand c’est dur!

D’ailleurs à la remise des prix de fin d’année, nous avions gagné celui du meilleur esprit d’équipe. 

À noter que les mister freeze ont été mangés avant la partie, question de relaxer ma gang!  

Mes joueuses et joueurs n'ont pas regardé dans le sable ce jour-là! Ils étaient focus. J'avais la larme à l'œil. C’était beau à voir. Même le grand Cal Ripken ne m'a pas fait pleurer comme eux. J'avais une coach adjointe finalement ce jour-là. Ma shortstop, mon arrêt-court, ma fille Mathilde! Vêtue de son beau cass’ rose, celle que j’aime autant que la vie en elle-même, la capitaine sans titre, elle n'avait pas besoin de son père pour leader son équipe, c’est une leader naturelle!

Mes frappeurs ont frappé ce jour-là. Félix Corbeil, Gabriel Lefebvre, Lucas Julien et Mathilde Beauséjour, se sont démarqués. Mon quatuor a commencé son année au 12e match, contre la meilleure équipe de la ligue!

Le score final 13-13 au plus beau parc de notre ligue, celui de St-Sophie, le parc Sophie-Masson!

Comme après tous les matchs, je donne une balle pour le meilleur joueur de la partie et je donne une balle pour l’effort ou le héros silencieux. Une balle de couleurs FLUO de la MLB! Cette journée la balle de l’effort a été donnée à un joueur qui est venu jouer avec du advil au raisin dans le corps, l'unique Gabriel Lefebvre. Pour la balle du match, j’ai demandé à ma gang qui la méritait et ils ont voté unanimement pour Mathilde.

Des fois, quand je pense à mes années de coach, je pense beaucoup à vous. Je pense que nous avons perdu la finale des séries par un seul point. contre les Angels de Blainville, que nous avions démoli 15-6 lors d'un tournoi cet été-là.

Vous étiez particuliers et uniques. 


Félix Corbeil

Timothé Proulx

Lucas Julien

Mathilde Beauséjour

Charles Deslauriers

Jonathan Modesto

Gabriel Lefebvre

Zac Lepage

Zac Proulx


Merci, vous êtes mon plus beau souvenir de baseball! 

 

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