Fastball, fausse balle et bière

 
Crédit photo: Barbu de ville
 
 

Nous étions l'équipe des Gris pour le meilleur, mais souvent pour le pire. Nous étions surtout reconnus pour aller prendre une bière après les parties au fût! Nous étions une mauvaise équipe, mais nous avions ce que les autres formations de la ligue n’avaient pas et n'ont jamais eu, un esprit d’équipe assez puissant même pour affronter les Chevaliers de l’Apocalypse.

À la position de receveur ou de voltigeur, il était pour moi l’intemporel catcher, le seul, l'unique face de carême Éric «Suisse» Roussel. Voici une anecdote. Pendant la saison il a été victime du syndrome Mickey Sasser, l’ancien receveur des Mets de New York. Sa main qui lançait la balle devenait engourdie. Il avait tellement chaud qu'on pouvait croire à une crise de panique et il n'était soudainement plus capable de rendre la balle au lanceur. Souvent dans ce cas, il devait rouler la balle jusqu'au monticule. Éric était aussi notre premier frappeur.

Au 3e but notre coach, Jean «Gorlo» Chartrand. Le seul 3e but, de mémoire, qui était incapable de se pencher pour ramasser la balle même si on jouait avec de la 105L. Il frappait souvent 6e au 7e rang et il courait les buts avec un piano sur son pauvre dos. C’était probablement pour ça qu’il avait de la misère à se pencher!

Au champ centre, Domenico Di Paulo, le préféré des dames. Le seul qui paraissait bien dans son uniforme des Gris. La belle jeunesse de notre équipe avait 34 ans. Le plus rapide aussi, d’ailleurs probablement le seul capable de voler des buts. Pour tous les autres, c’était une aventure!

Parlant d’aventure, au champ gauche, c'était son frère Alex Di Paolo. Chaque fois qu’il faisait une attrapée, c'était un spectacle en soi. J’ai vu ce garçon se déboîter le corps devant un simple ballon. J'ai aussi vu Alex se faire une hernie discale en essayant d’attraper une balle.

Quand Domenico arrivait au terrain, on le huait en choeur. Même chose quand son frère Alex arrivait, mais lui on l'applaudissait en choeur. C’était notre façon de dire: «on vous aime.»

Aussi receveur, Martial «Brad» Turcotte, un ancien joueur de football qui a gardé sa mentalité du temps qu’il jouait avec Michael Soles, l'ancien des Alouettes. On souhaitait tous que Brad ne la frappe pas de l'autre côté de la clôture en début de saison, c'était unanime. Sinon, chaque présence qui suivait, il essayait de la dévisser à s’en faire des tours de rein. Un faux frappeur de circuit qui pensait en être un, mais un sacré bon «yâbe»!

Au 1er but, Roger «10-4», un vendeur dans l’âme qui sortait ça Miata décapotable l’été. L'ultime vétéran! J'ai en mémoire encore aujourd’hui la fois où Roger, en voulant glisser au marbre, s'est littéralement assommé!. Pu de son, pu de lumière!

Il y avait aussi Norman, le météorologue de formation et arrêt-court de feu. Il arrivait au parc en regardant les nuages et il nous disait ensuite si on jouait ce soir-là ou non. Il était infaillible. Même qu'il y a une fois où le ciel était parfait. Il était 19h45 et la partie des Gris était à 21h. Norman nous dit alors: «ouin, les Gris ne joueront pas à soir!» Il est parti chez eux. Vers 20h50, il s’est mis à mouiller à siaux! Norman, c'était notre shaman.

Il y avait notre As, le «tall boy», Justin Corbeil. Notre lanceur numéro #1, notre pain et notre beurre. Selon certains gars de Québec et de la Beauce, Justin était le plus beau «pitcheu» de «chmouille» qu'ils n'ont jamais vu en tournoi. Notre 4e frappeur, notre capitaine. Je n’ai rien à dire de négatif sur lui mis à part qu’avec les moins bons de l’équipe comme moi, il faisait du tough love!

Il reste moi, Patrick Beauséjour. Le dernier frappeur, le comique, le brasseur de marde, le 2e lanceur, la grande gueule ou celui qui mettait de l'ambiance sur le banc. Oui elle est vraie la rumeur que j'ai fait dans mes culottes en glissant au 2e but!

 


 

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