Béatrice «Jackie» Mitchell

Jackie est né le 29 août 1913 dans l’état du Tennessee et elle est décédée le 7 janvier 1987 dans l’état de la Géorgie! Avec son départ elle a laissé un héritage d’une immensité à la hauteur de son personnage. Un héritage pour toutes ces jeunes filles, adolescentes et femmes qui jouent aujourd’hui au baseball.

En pleine Grande Dépression, pendant que la Bourse mondiale avait fait une chute mirobolante, pendant que les Américains faisaient la file avec des coupons pour avoir des patates, pendant que nous étions censés être au temps d’une paix entre deux guerres mondiales, Béatrice «Jackie» Mitchell a écrit à coups de balle cassante et de balle papillon l’une des plus belles pages de l’histoire du Grand Livre du Baseball! 

La fille de Madame Virne «Wall» Mitchell et du bon docteur Joseph Mitchell a grandi à l’ombre d’un terrain de baseball. De la fenêtre de sa chambre, elle pouvait voir la frise qui était au bout du losange rempli de sable. Pas n’importe quel sable, du sable de baseball! Celui que Ty Cobb a fait manger à plusieurs adversaires.

Son voisin d’à côté était Arthur «Dazzy» Vance l’artiste de la balle cassante des Reds de Cincinnati entre autres et membre du Temple de la renommée. La petite Béatrice a lancé des milliers de balles avec son père et Dazzy! Elle a reçu les connaissances pour qu’éventuellement tout frappeur devant elle fende l’air. Tellement d’air qu’elle aurait pu y faire fonctionner une plaine à perte de vue de moulin à vent et donner une raison de vivre à Don Quichote et son acolyte Sancho Panza qui se battaient contre des moulins!

 

En 1930 à l’âge de 17 ans, Jackie jouait pour «The Engelettes» une équipe féminine de sa ville de Chattanooga au Tennessee.

Au même moment, il y avait l’équipe de l’excentrique Joe Engel et le mot est faible, les Lookouts de Chattanooga qui faisaient parler d’eux à travers les stades des ligues majeures! Pendant la Grande Dépression, on l’appelait le baron du baloney. Il a presque tout fait pour promouvoir son équipe double AA. Il a déjà échangé un arrêt-court pour une dinde de 25lb lors de l’Action de grâce pour faire parler de son équipe. Il vivait littéralement la citation : « Parlez de moi en bien, parlez de moi en mal, mais surtout parlez de moi! »

Son plus grand coup publicitaire à vie a pris naissance le jour qu’il a vu lancer la jeune Béatrice Mitchell lors d’un entrainement de son équipe avec les Engelettes!!!

Lors d’une partie d’exhibition à Chattanooga contre les Bombardiers du Bronx, les légendaires Yankees de New York, il a fait signer un contrat à Jackie. Le jour J, pour une bonne somme d’argent, il demanda au 3e et 4e frappeur des Bombardiers d’affronter sa protégée, Mme Mitchell. C’est alors que l’histoire allait s’écrire ce jour-là. «The Sultan of Swat» le bambino, Babe Ruth et «The Iron Horse», l’homme le plus heureux au monde Lou Gehrig.

Mademoiselle Béatrice allait affronter le meilleur duo de l’histoire encore aujourd’hui, rien de moins.

Quand elle s’est présentée au monticule, la foule sifflait. D’ailleurs, le stade de balle était plein au bouchon même que la ville de Chattanooga avait arrêté d’exister le temps de ce tour au bâton historique.

Lou Gehrig fut le premier à se présenter au bâton! La balle cassante de Jackie alla casser parfaitement trois fois de suite. La foule était sous le choc autant que «Sweet» Lou. Il retourna avec son bâton sur l’épaule et son petit bonheur vers le «dogout». Retirer Lou Gehrig sur trois balles, lui le meneur de points produits dans toute l’histoire du baseball. Lou allait terminer sa carrière avec une moyenne au bâton à vie de .340!

Se présente maintenant sous une foule délirante le plus grand joueur de l’histoire de ce sport tout simplement. Herman «Babe» Ruth. Contrairement à Lou, il n’a pas donné la main à Jackie.

Pendant que Jackie était en pleine motion, Ruth a demandé un temps d’arrêt! La foule siffle… Babe Ruth fait un clin d’œil à Jackie et pointe le champ centre avec son bâton. La foule délire.

Babe Ruth bat le sol de ses crampons comme un cheval pur-sang. Il veut faire éclater cette balle et renvoyer Béatrice Mitchell à ses chaudrons.

*Note de l’auteur: Rendu ici je me rends compte que j’ai 714 mots d’écrit pour cette chronique, le même nombre de circuits en carrière pour Babe Ruth, sacré Bambino!

La première balle que Babe voit, c’est une balle papillon qui frôle à peine les 45 km/h! Comme si la chenille se transformait en papillon rendue au marbre. Le gargantuesque personnage a fendu l’air tant et tellement qu’il est tombé sur le dos. Il est tombé sur son numéro 3!

Il se relève, sourit et se replace. Une balle cassante cette fois en plein cœur du marbre tombe au moment parfait. Ruth s’élance dans le vide. La foule devient silencieuse. Le momentum avait changé maintenant, Chattanooga était avec Jackie.

Quand Ruth a demandé un temps d’arrêt cette fois en plein dans la motion de Jackie, la foule a hué Babe. Est-ce que Béatrice «Jackie» Mitchell allait réussir l’impossible?

Elle regarde son père, elle regarde Dazzy et s’essuie les yeux. Elle fait un clin d’œil à Babe Ruth et lui indique où elle va lancer la balle… La foule se lève debout et applaudit à tout rompre. Le bon vieux Joe Engel alias le Baron du baloney se frotte les mains de joie.

La foule redevient silencieuse, un silence qui a traversé le Tennessee et peut-être même le pays au complet!

La balle de Jackie quitte sa petite main, ses doigts ont lâché les cordes. La balle Rawling est partie vers un moment historique rien de moins. Elle a atterri dans le gant de cuir du catcheur pendant que Babe Ruth fendait de l’air pour une troisième fois!

La foule est restée bouche bée. Babe Ruth s’est dirigé vers le monticule, a enlevé sa casquette et donné une sincère poignée de main à Jackie puis l’a montée sur ses épaules pour un tour de championne!

J’aime croire qu’il y a un peu de Jackie Mitchell dans chacune de nos joueuses de baseball d’aujourd’hui.

 
Je dédie ce texte à Catherine et Carolanne Kavanagh.



 

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