La force musculaire et le baseball

 

Texte de Sylvain Saindon, directeur technique à Baseball Québec

On me demande souvent la recette afin qu’un joueur puisse frapper plus loin, courir plus vite ou encore lancer plus fort. Évidemment, de bons gestes techniques répétés de manière suffisante (volume d’entraînement) demeurent les prémisses de départ pour l’amélioration d’un geste sportif.

Une fois la bonne mécanique maîtrisée, il faut maintenant reproduire cette belle technique avec assez de puissance pour passer à l’étape suivante. Et cette puissance se définit par une formule toute simple : Force x Vitesse.

Force x vitesse

Améliorez l’une de ces deux composantes, la force ou la vitesse, et vous obtiendrez des gains en puissance. Améliorer la force ET la vitesse, vous obtiendrez de très bons gains en puissance!

Avant d’aller plus loin dans l’entraînement de ces variables, il faut bien en saisir les nuances.

La Force : cette grande incomprise!

Si on résume ce qu’est la Force en entraînement, nous pourrions avancer qu’il s’agit de la capacité à mettre en mouvement un objet (ou soi-même) de son point initial, et ce, avec un maximum d’accélération.

Là où règne une grande confusion, c’est dans la manière qu’on exprime cette force.

Si je vous demande de déplacer l’objet suivant : 

Votre réponse pourrait bien être «oui sans problème». Mais si je vous demande de déplacer cette même charge sur 500m, peut-être que l’enthousiaste de votre réponse initiale s’estompera légèrement!

Pourquoi? Parce que vous réalisez que la tâche demandée devient beaucoup plus ardue; on ne vous demande plus seulement de bouger la charge, on vous demande aussi d’exercer cette force sur une grande distance. C’est beaucoup plus de travail.

Et ce travail ne se calcule pas en livres ou en kilos, ce travail se calcule en Newtons!

Force (F) = m x a

Accélération se définissant par «le temps de déplacement»

Ados à l’entraînement

Trop souvent dans la salle d’entraînement, j’entends de jeunes joueurs de baseball me dire «je ne suis vraiment pas fort, je ne soulève que 25 kg sur cet exercice».

Ce qui est totalement faux comme énoncé. Ce n’est pas seulement la charge que vous mettez sur la barre que vous soulevez, c’est également son déplacement!

Deux athlètes peuvent très bien exécuter 10 répétitions avec 50 kg sur un développé couché (bench press) et exercer deux forces (en N) totalement différentes. Les grandeurs des bras (de levier) viennent influencer la formule. Plus je déplace ma charge sur une longue distance, plus le travail (N) effectué sera grand.

Bench PressBench Press

Il est donc possible dans l’exemple ci-dessus, que mon athlète de droite déploie une plus grande force (N) malgré le fait que le poids de sa barre est moindre que notre athlète de gauche.

La Force serait donc : Le poids de la barre x le nombre de cm pour monter (et descendre) x 10 répétitions.

Évidemment, il est plus simple d’inscrire le poids qu’on utilise plutôt qu’en venir à faire des mathématiques à chaque exercice. Il faut surtout retenir que la charge qu’on soulève est seulement un outil et chaque athlète peut utiliser des outils différents pour arriver à ses fins. C’est une game très individuelle qui se passe dans la salle d’entraînement. Se comparer est souvent inapproprié.

C’est pour cette raison que tous les adages faisant référence à ce que l’on doit soulever son propre corps sur tel ou tel exercice n’est que fumisterie! Un athlète léger avec de courts bras fera des pompes (push-up) à n’en plus finir alors que l’athlète plus lourd avec de longs bras va en arracher pour finalement en faire seulement 3! Dans les deux cas, cet exercice sera non pertinent à la morphologie de mon athlète.

C’est aussi pour cette raison que je ne m’emballe pas trop quand les gens me racontent leurs «exploits» sur certains exercices, tel que le leg press (développé des jambes, en français)

Leg pressEncore récemment, un athlète me disant avoir mis plus 600 lbs sur cet exercice.

Devant mon regard stoïque face à sa prestation et tout en examinant ses jambes qui me rappelaient qu’il est possible de manger du riz sans fourchette, il a tenu bon de me préciser «mais moi, je suis plus fort des jambes que des bras!»... Me voilà bien rassuré de savoir que ce jeune homme possède les mêmes attributs que tous les êtres humains qui se déplacent sur leurs jambes!

Au final, vous aurez sûrement deviné ma suspicion face à l’amplitude (distance parcourue) du mouvement. Cet exercice sert plus souvent l’égo que les muscles des jambes! Il est d’ailleurs tellement plus valable exécuté une jambe à la fois.

De plus, il n’améliore que très peu le système nerveux central (SNC). Et comme il s’agit de notre arme secrète afin d’augmenter notre force, ce n’est certes pas le meilleur des exercices pour un athlète de haut niveau.

Ne manquez pas la suite la semaine prochaine : Le système nerveux central : un allié extraordinaire!


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